Anaphylaxie, ce nom peut faire frémir, laisser rêveur ou interroger.
En tant que paramédic et formateur en 1ers secours, c'est un nom que je prends très au sérieux.
La semaine dernière, lors d'une session de formation, je me suis aperçu que ce terme restait encore assez mystérieux pour une partie des gens.
Or, même ce n'est pas le premier mot qui vient à l'esprit quand on parle de 1ers secours, une anaphylaxie de grade 2, 3 ou 4 est une urgence vitale.
Il est donc important de savoir la reconnaître.
Pour mieux comprendre l'anaphylaxie, regardons ensemble ce qui se cache derrière ce mot un peu compliqué.
Un choc anaphylactique (ou choc allergique) est une réaction allergique violente, potentiellement mortelle.
Selon l'Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) l'anaphylaxie est la manifestation la plus sévère de l'allergie, et le choc anaphylactique en est lui-même la forme la plus grave.
Environ 5% des allergies sont concernées par l'anaphylaxie.
Le choc anaphylactique représente une urgence médicale car le pronostic vital est engagé. Il peut se développer en seulement quelques minutes et entraîner un arrêt respiratoire, des convulsions et une perte de connaissance en 1 à 2 minutes.
C'est pourquoi il est très important de ne pas négliger les premiers signes et de réagir rapidement.
L’anaphylaxie est due à une activation inappropriée de cellules du système immunitaire, provoquant une libération importante d'histamine dans l'organisme.
C'est cette histamine qui est à l'origine des symptômes.
Heureusement, l'anaphylaxie mortelle est rare... mais le risque existe.
Selon l'Inserm, les adultes sont 4 fois plus touchés que les enfants.
Pourtant, ce choc allergique sévère peut concerner tout le monde, quel que soit l'âge.
Puisqu'il s'agit d'une réaction allergique, ce sont bien des allergènes qui sont en cause.
Le contact avec l'allergène peut avoir lieu par ingestion, inhalation, injection ou simplement par le toucher.
Ces indésirables allergènes peuvent provenir de différentes substances.
Voici les principales causes d'allergie :
Comme vous le voyez, ces allergènes ne sont pas toujours faciles à éviter...
Par exemple, si les adultes semblent être plus réactifs aux piqures d'insectes (guêpes, abeilles...), les enfants, eux, sont plus souvent victimes des aliments. Leurs allergies alimentaires concernent principalement les protéines du lait de vache, l'œuf et l’arachide.
Une réaction anaphylactique présente de multiples symptômes et leur intensité est variable.
Je le répète, mieux vaut ne pas négliger les premiers signes car il est impossible de prédire à l'avance la gravité d'une réaction allergique. Des symptômes légers peuvent s'aggraver rapidement et entraîner de violentes réactions.
Souvent, les premiers signes se font sentir quelques minutes après le contact avec un allergène. Toutefois, prudence, il peut arriver que la réaction se produise des heures plus tard.
En principe, les symptômes de l'anaphylaxie atteignent 2 ou plusieurs des systèmes suivants :
Les 2 signes qui doivent absolument vous alerter et être pris en charge dans les minutes qui suivent sont :
NB : la chute de tension artérielle peut parfois être le seul symptôme, les réactions cutanées telles que l'urticaire ne sont pas systématiques.
L'œdème de Quincke (ou angioœdème) est l'un des symptômes possible d'une réaction anaphylactique (mais, comme nous l'avons vu, c'est loin d'être le seul).
Il se manifeste par un gonflement rapide de la peau et des muqueuses, généralement au niveau du visage et du cou.
La plupart du temps, la langue et de la gorge enflent et il y a un risque d'étouffement.
S'il est vrai que l'œdème de Quincke est souvent une réaction allergique, il peut aussi, plus rarement, être lié à une réaction inflammatoire ou infectieuse en dehors de toute allergie.
Un choc allergique est une urgence médicale absolue qui nécessite d'alerter immédiatement les secours.
Dans tous les cas, arrêtez le contact avec l'allergène (s'il est identifié).
Composez le 112, numéro d'urgence européen, et, dans la mesure du possible, libérez les voies aériennes de la victime.
Le traitement passe essentiellement par une injection intramusculaire d'adrénaline.
Cette injection doit être administrée le plus précocement possible.
L'adrénaline est l'antidote de l'histamine, elle augmente la pression artérielle ainsi que le rythme cardiaque et dilate les bronches.
Les personnes sujettes au choc allergique qui ont déjà connu un épisode sévère ont généralement une seringue sur elles.
Cette dose se présente sous la forme d'un stylo auto injectable.
Pour l'utiliser, il faut positionner le stylo sur le bord de la cuisse et maintenir la pression sur le bouton déclencheur pendant 10 secondes.
En principe, tout médecin et tout pharmacien doit en avoir à disposition immédiate, ainsi que tout sujet à risque de choc anaphylactique (allergie alimentaire, aux hyménoptères, aux médicaments...).
Par contre, l’injection d'adrénaline en intraveineuse est réservée aux médecins spécialistes (réanimateurs, anesthésistes, urgentistes) ou aux paramedics autorisés.
Une surveillance clinique de 24h est nécessaire après toute injection d'adrénaline.
En plus de l'adrénaline, le médecin peut prescrire d'autres traitements au patient tels que des antihistaminiques, des corticoïdes, de la cortisone ou des bronchodilatateurs. Mais cela se fera dans un deuxième temps car le seul traitement d'urgence demeure l'adrénaline.
Si la victime tombe en arrêt cardiaque à la suite d'une réaction anaphylactique, il faut pratiquer un massage cardiaque sans attendre.
Heureusement, après le traitement, les symptômes disparaissent progressivement.
Certains symptômes cutanés, digestifs ou respiratoires peuvent persister quelques heures (démangeaisons, urticaire, gonflement du visage et de la gorge, diarrhées, asthme).
Mais attention, toute réaction anaphylactique nécessite un bilan allergologique et des démarches de prévention.
L'allergène responsable doit être diagnostiqué avec précision. Ce diagnostic permettra de le bannir de l'environnement de la personne allergique.
En effet, l'anaphylaxie n'est pas à prendre à la légère, et la meilleure approche consiste à éviter tout contact pour diminuer les risques.
Si l'allergène ne peut être évité (comme pour les piqûres d'insectes, par exemple) on peut envisager une désensibilisation.
Un protocole d'action est ensuite mis en place avec une trousse de secours d'urgence contenant des médicaments antihistaminiques et la fameuse dose d'adrénaline que la personne allergique doit toujours avoir sur elle en cas de contact accidentel avec l'allergène.
Son entourage doit être au courant et apprendre avec elle à manipuler la dose d'adrénaline afin d'être en mesure de l'utiliser en cas de besoin.
Si vous suspectez un choc anaphylactique :
Voilà, à présent vous savez tout sur ce fameux choc anaphylactique !
Et rappelez-vous, plus vous agissez rapidement, plus vous augmentez les chances de survie de la victime.